Mardi 20 Octobre 2026

Les accusations de cyberespionnage visant des acteurs liés à la Chine résonnent jusque dans le Pacifique. Le 8 octobre 2026, le centre britannique de cybersécurité et plusieurs partenaires internationaux ont publié une nouvelle alerte sur des intrusions destinées à voler des données sensibles. Aux Fidji, le précédent du Forum des îles du Pacifique rappelle que les institutions de la région sont aussi exposées, alors que le pays déploie sa stratégie de cybersécurité pour 2026–2031.

Une nouvelle alerte internationale sur des acteurs liés à la Chine

Dans son communiqué du 8 octobre 2026, le National Cyber Security Centre (NCSC) britannique décrit le rôle d’Integrity Technology Group, une entreprise basée en Chine qu’il présente comme liée au gouvernement chinois. Selon cette analyse, ses services facilitent des opérations contre des réseaux d’organisations dans plusieurs pays.

L’alerte évoque des outils d’intelligence artificielle, des réseaux d’appareils infectés et des interventions manuelles pour compromettre des systèmes et dérober des informations confidentielles. Des agences australiennes et néo-zélandaises figurent parmi les partenaires associés. Ces conclusions sont celles des autorités signataires : elles ne démontrent pas que chaque piratage provient de Chine et ne constituent pas une attribution nouvelle concernant les Fidji.

À Suva, un précédent confirmé mais une attribution contestée

Le 12 septembre 2024, ABC News rapportait une intrusion dans les réseaux du secrétariat du Forum des îles du Pacifique, installé à Suva. Selon les sources citées par le média australien, l’incident avait été détecté en février 2024 et des spécialistes australiens avaient été envoyés pour aider l’organisation. Les attaquants auraient cherché des informations sur ses activités et ses échanges avec les États membres.

Le secrétaire général du Forum, Baron Waqa, a ensuite confirmé l’existence d’un incident, sans identifier publiquement son auteur à ce stade, comme le rapporte The Record le 16 septembre 2024. L’attribution à des pirates soutenus par l’État chinois provenait du reportage d’ABC. Dans une réponse publiée le 12 septembre, l’ambassade de Chine aux Fidji a rejeté cette accusation et affirmé que son pays combat les cyberattaques. Il faut donc distinguer l’incident confirmé de la responsabilité alléguée.

Les Fidji renforcent leur réponse pour 2026–2031

Le gouvernement fidjien a approuvé le 3 février 2026 sa stratégie nationale de cybersécurité et de résilience pour 2026–2031, accompagnée d’un plan d’action. Cette décision inscrit la protection numérique dans une démarche nationale qui dépasse la question de l’origine des attaques.

Ses priorités comprennent :

  • La sensibilisation des habitants et des entreprises aux risques en ligne.
  • Le renforcement des capacités de détection et de réponse aux incidents.
  • La protection des réseaux publics, des infrastructures et des données.
  • La formation de professionnels de la cybersécurité.
  • La coopération avec les partenaires régionaux et internationaux.

Pour un pays qui développe ses services numériques, cette feuille de route pose un cadre. Son adoption ne signifie pas que tous les dispositifs sont déjà opérationnels. Le défi sera de traduire ces engagements en protection durable des communications et des services utilisés au quotidien.