Mercredi 20 Janvier 2021

Malgré les mesures prises dans les coulisses de la Chine, les Fidji ont succédé ce vendredi (ndlr vendredi 15 janvier 2021) à la présidence du Conseil des droits de l’homme, qui a été contraint de voter pour la première fois de son histoire.

Résultats de l'élection

L’ambassadrice des îles Fidji à Genève, Nazhat Shameem Khan, a remporté la présidence du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH) par 29 voix (sur un total de 47) lors d’une élection diffusée en direct sur Internet.
 
L’opposition ayant remporté moins de voix avec le candidat de Bahreïn, comptabilisant 14 voix et celui d’Ouzbékistan  avec seulement 4 voix, le verdict est tombé.
 
Habituellement, le président du CRH, qui est le premier responsable du bureau du programme, est élu par consensus pour s’assurer que la rotation annuelle est réalisée en modifiant la zone géographique. 2021 fait exception, et une élection a donc été nécessaire suite à un non-accord de la région Asie-Pacifique à déposer un et unique nom.

Déroulement de la situation

L’ambassadrice des îles Fidji semblait avoir gagné la partie, mais début décembre, le Bahreïn a proposé son candidat, l’ambassadeur Yusuf Abdulkalin Buseyel. Selon les observateurs, la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite et d’autres pays ne veulant pas que les Fidji soient candidats, ont tenté de trouver d’autres candidats.
 
Pour Kenneth Roth, le chef de Human Rights Watch, les tentatives actuelles de la Chine, de la Russie, de l’Arabie saoudite et autres pays semblables, pour rendre le Conseil des droits de l’homme inoffensif prouvent leurs implications pour éviter la moindre critique de ce dernier.
 
Un diplomate chinois a nié l’implication de son pays à l’opposition à la candidature des Fidji ou tout autre collaboration avec les pays précédemment cités. Face à l’opposition de ces deux candidats, l’ambassadeur ouzbek à Genève, Ulabek Rapasov, est entré dans l’arène.

La défaite du Bahreïn et de l'Ouzbékistan démontre qu'il ne devrait y avoir aucune place parmi le président ou les vice-présidents du Conseil pour les représentants des Etats qui restreignent, criminalisent et exercent des représailles contre ceux qui défendent les droits de l'homme

Phil Lynch

Directeur de l'ONG International Service for Human Rights

Qu'est ce le conseil des droits de l'homme ?

Le Conseil des droits de l’homme est composé de 47 États membres et est élu par l’Assemblée générale des Nations Unies pour un mandat de trois ans. Il examine les violations éventuelles et propose des mesures correctives. Cependant, il n’a pas de pouvoir contraignant.

Le CDH, créé par une résolution de l’Assemblée générale en 2006, a remplacé la Commission des droits de l’homme et ses détracteurs ont accusé la Commission d’être trop politisée. Cependant, quinze ans après sa création, le Conseil des droits de l’homme a souvent été accusé du même crime par divers pays. En conséquence, de nombreux experts et missions d’enquête mis en place par le Conseil de sécurité à Genève se sont vu refuser l’entrée dans des pays comme la Syrie, la Corée du Nord et le Burundi.

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, le CDH est la cible des critiques américaines. En 2018, les États-Unis ont claqué la porte du Conseil de sécurité. Ce dernier n’ayant pas réussi à se réformer à leurs exigences, et a estimé qu’il était favorable à Israël.

En revanche, il est plus actif que son prédécesseur, tenant au moins trois sessions par an pendant au moins dix semaines, alors que l’ancien comité n’avait tenu qu’une réunion de six semaines. Des réunions spéciales seront organisées en cas d’urgence.

Il a également présenté les principes de l’Examen périodique universel, qui garantissent que tous les États membres de l’ONU sont examinés, qu’ils soient ou non membres du Conseil de sécurité.